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Création d’un prêt à taux zéro pour les jeunes : une bonne idée ?

Étonnamment peu visé par les revendications des « gilets jaunes », le patronat a pourtant décidé de s’inviter dans le Grand Débat National. Ce sont ainsi quelque 133 réunions qui ont été menées par le Medef depuis le mois de janvier, qui recommande un « choc fiscal et de décentralisation ». Parmi les 43 propositions nées de ces discussions, les employeurs proposent la mise en place d’un PTZ destiné à financer les projets des jeunes issus de foyers modestes.

Un capital de départ inspiré du « student loans » en Angleterre

En réponse à la crise des « gilets jaunes » qui vient de vivre son « acte 20 », le Medef a retenu plusieurs propositions intégrées au Grand Débat National. L’une d’elles vise à accompagner les jeunes en difficultés qui souhaitent financer leurs études, entreprendre ou même réaliser un projet immobilier, en mettant à leur disposition une sorte de capital universel. En Angleterre, il n’est pas rare de financer ses études en contractant un prêt bancaire. En 2017, on estimait d’ailleurs à £32 220 la dette moyenne par étudiant diplômé. Particularité locale, après 30 ans ou si le jeune adulte perçoit par la suite un salaire n’excédant pas £21 000 par an, il n’est pas tenu de rembourser son prêt. La société spécialisée dans les prêts aux étudiants britanniques est appelée « student loans company ». En France en revanche, bien que de nombreux étudiants soient également contraints de travailler ou d’emprunter pour étudier, le recours au près étudiant n’est toutefois pas automatique.

Les jeunes propriétaires issus de foyers modestes sont deux fois moins nombreux qu’il y a 40 ans

Selon le Medef, ce capital accordé sous la forme d’un prêt à taux zéro serait attribué à certains jeunes sous conditions de ressources. Entre autres projets, il pourrait permettre de financer l’accession à la propriété des jeunes dans des zones d’emploi en tension. Le prêt serait remboursé progressivement, en fonction des revenus des emprunteurs. Si elle est décriée par certains, cette réforme pourrait rétablir la part des jeunes ménages modestes parmi les propriétaires fonciers. Pour rappel, en 1973, 34 % des Français de 25 à 44 ans les plus modestes étaient propriétaires d’une résidence principale. En 2013, ils n’étaient plus que 16 %. À l’inverse, les jeunes ménages les plus aisés sont de plus en plus nombreux à accéder à la propriété. De 43 % en 1973, leur part est passée à 66 % quarante ans plus tard. Le Medef et son président Geoffroy Roux de Bézieux, revendiquent la notion d’égalité, grâce à ce capital de départ qui pourrait relancer l’ascenseur social. Mais pour l’Union nationale des missions locales, il s’agit davantage d’une mesure qui ne ferait que prolonger la précarité des jeunes qui choisiraient de s’endetter. Reste que pour aboutir, cette proposition doit d’abord être étudiée par le Gouvernement.